Interview : Sandrine Goeyvaerts – La Pinardothèque

Un petit quatrième pour la route. Voici l’interview d’une caviste et blogueuse réputée. Sandrine Goeyvaerts du blog La Pinardothèque.

La Vinosphere de BullOSphere : Quel est votre parcours avant de devenir caviste ?

Sandrine Goeyvaerts : Je ne viens pas du milieu vin : ni vigneron·ne·s ni amateur·trice·s de vin dans ma famille ou mon entourage proche. C’est plutôt le goût du bon, de la cuisine qui m’y a amené doucement. Et un Altenberg de Bergheim qui m’y a plongé définitivement. J’ai commencé dans le vin par une formation de sommelière, j’ai un peu exercé, puis je suis devenue responsable de rayons dans une grande surface, avant de rejoindre mon partner-in-crime à la cave.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Vous êtes caviste, blogueuse, journaliste du vin, écrivaine, présidente de l’association Women Do Wine ! Vous avez beaucoup de cordes à votre arc, qu’aimeriez-vous faire d’autre ?

Sandrine Goeyvaerts : Dans le vin, encore plein de choses : peut-être avoir le temps de faire un stage de vinification, la partie technique, plus je la découvre, et plus cela m’intéresse. Faire de la radio, aussi : j’ai tâtonné et tourné autour avec un podcast mais malheureusement je manque un peu de temps, et l’autodiscipline n’est pas mon fort. Il me faut un cadre strict et des coups-de-pied au cul pour que je le fasse sérieusement.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Votre blog La Pinardothèque, l’un des blogs vin les plus connus, est votre premier bébé, pourquoi avoir eu envie de créer ce blog ?

Sandrine Goeyvaerts : J’ai eu plein de bébés blogs en fait, avant #confession. J’ai toujours aimé profondément écrire, et donc j’ai développé plusieurs projets autour de ça. Le blog vin est venu au moment où je me sentais suffisamment légitime, avec de l’expérience pour parler d’un sujet qui me passionne. J’avais envie de le faire autrement que ce qui existait déjà, d’où l’adoption d’un ton, d’un rythme un peu en rupture avec les codes classiques du vin. On peut être jeune, cool, rigolo et adorer le pinard, puis avoir envie de le partager : c’était le point de départ.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Vous avez aujourd’hui écrit 3 livres sur le vin, présentez-nous vos livres et dites-nous pourquoi avoir eu envie de les écrire ?

Sandrine Goeyvaerts : Pour les mêmes raisons qu’écrire le blog : partager de manière ludique et fun mes connaissances, amener les gens à se sentir moins complexés par le monde du vin, faire découvrir des vins que j’aime et plus important, ceux et celles qui les font ! Jamais en carafe, mon premier bébé, est un bouquin d’initiation au vin, qui tente d’aborder un max de sujets « quotidiens » auxquels l’amateur·trice est confronté·e. Perles de caviste lui, reprend des « bons mots » qui sont la plupart du temps des clichés, et les déconstruit, avec en bonus 50 vins coups de cœur. Le dernier, Carrément vin, est un voyage au pas des vins dits naturels. Une  sélection, subjective de 100 domaines qui font ou feront l’actu du vin nature·l avec l’accent mis sur l’humain, avant tout.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Avez-vous en projet d’en écrire d’autres ?

Sandrine Goeyvaerts : Pour le moment, pas de projet précis. Mais une envie, ou plutôt un fantasme : écrire un jour un roman autour du vin.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Votre dernier bébé est l’association Women Do Wine, Quel est le but de cette association ? Présentez là nous ?

Sandrine Goeyvaerts : Une association de femmes, reliées par une même passion : celle du vin. Nous avons décidé d’unir nos motivations et nos compétences pour mettre en avant celles qui font le vin : vigneronnes, sommelières, cavistes, journalistes, blogueuses…

Nos objectifs sont, à court terme, de faire parler de nous et de toutes les femmes du vin. A moyen terme, d’organiser une journée annuelle de rencontres/dégustations/conférences, assortie d’une remise de prix. Et à long terme, de soutenir et d’encourager les différentes initiatives féminines au sein du monde du vin.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Comment vous est venue l’idée de créer cette association ?

Sandrine Goeyvaerts : Par un constat tout simple : les femmes du vin, bien que présentes dans toutes la filière, restent majoritairement sous-représentées médiatiquement, continuent à subir du sexisme, ont parfois des difficultés à se faire entendre. Créer ce réseau interprofessionnel est un bon moyen d’apporter lumière et visibilité sur ces femmes de grand mérite.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Parlons un peu vin, vous êtes caviste avec une sélection à tendance « nature », quels sont les vins qui vous ont donné la plus grande émotion et que vous n’oublierez jamais ?

Sandrine Goeyvaerts : J’ai surtout une tendance à aimer ce qui est bon:). Le fameux Altenberg, cité plus haut, bien sûr. Un amarone Campo Ca’Florian 89 de chez Tommasi, parce que je suis sentimentale. La vieille Bataille du Mas d’Aimé, pour les mêmes raisons. Un Pape Clément 96, qui m’a ébloui par sa texture incroyable. Et des champagnes, on peut citer des champagnes ? Et des vins du Jura, de Loire, de Bourgogne, de Savoie, du sud-ouest… Puis le Brise-cailloux de Mathieu Barret, qui signait symboliquement mon retour à la vie après une méchante hospitalisation. Tous les plus grands vins sont les pages d’un livre, pour moi. C’est peut-être une idée de bouquin, tiens ?

 

La Vinosphere de BullOSphere : Quel est votre dernier coup de cœur ?

Sandrine Goeyvaerts : Un rosé, à peine 6 euros, une bombe : Les terrasses de Gabrielle, Summer of Love, en Languedoc. Pour moi c’est l’archétype parfait de la bouteille-plaisir : un fruit génial, de la fraicheur, de la gourmandise. Ça, tu débouches, ça fait venir les copains débarquer les copines, et l’amour en sus.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Quels vins pouvez-vous conseiller à acheter les yeux fermés à mes lecteurs ?

Sandrine Goeyvaerts : Plutôt que des vins, j’ai un conseil : «écoutez-vous ». Vous devez, plus que les recommandations des guides ou des magazines, des blogueur·se·s savoir ce que vous, vous aimez. Vous faire totalement confiance, et ne pas, ne jamais vous forcer à aimer un vin parce qu’il est « tendance ». Et puis trouvez-vous un·e bon·ne caviste : en plus de vous fournir du super pinard, vous vous en ferez peut-être un·e ami·e.

 

La Vinosphere de BullOSphere : Pour terminer cette interview, un petit mot de la fin ?

Sandrine Goeyvaerts : Picolez !

(et aimez les gens qui le méritent).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *